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Avant-propos

Le but de ce guide est d’éclairer les futurs propriétaires désireux d’acquérir un chiot sur les points de vigilance à avoir et les questions à se poser.

Les dépenses consacrées aux animaux de compagnie sont évaluées à 4,5 Milliard d’euro, dont 1,5 est dédié à leur acquisition.

Les animaux d’origine non encadrée représentent 80% de ce commerce, endigué par des personnes peu scrupuleuses, motivées par le profit au détriment du bien-être de l’animal (trafics d’animaux, échanges intracommunautaires non conformes, activités d’élevage non déclarées, mauvais traitements, insalubrité, etc.)

Ce n’est pas un hasard si on voit pulluler des annonces de vente de chiots sur le Internet. Cependant, que savons-nous réellement sur l’origine et la provenance de ces animaux ? Que savons-nous sur leur stabilité ou leur santé ? Rien ou très peu de choses, or faire naître des animaux ne doit pas être un acte anodin, il doit contribuer à l’amélioration d’une race (éviter les dérives) en respectant de nombreuses règles déontologiques, sanitaires et légales.

Si les origines d’un chien, le LOF (Livre des Origines Françaises), son standard, vous importent peu, alors nul besoin d’acquérir votre chiot auprès de marchands d’animaux qui profitent de VOUS et des animaux, vous ne ferez qu’encourager la prolifération de trafics. Les refuges débordent d’animaux abandonnés qui attendent désespérément un foyer aimant.

En achetant votre chien à n’importe qui, une fois votre chèque encaissé, vous serez livrés à vous-même, vous vous exposez à de potentiels et graves problèmes de comportement (pouvant avoir des issues dramatiques : morsures etc.), de santé (frais vétérinaires), voir les deux.

Un éleveur (digne de ce nom) choisit avec soin ses propriétaires, il ne cédera jamais un de ses chiots au premier venu. Il est concerné par le devenir du chien, Il s’assurera de votre motivation, de vos capacités à posséder à chien, de votre capacité à subvenir à ses besoins (alimentation, soins, activité). S’il a le moindre doute, il refusera la vente.

Il est toujours disponible pour les questions de ses propriétaires, il se fait un plaisir d’y répondre et de conseiller. Il connaît les besoins des animaux, il est expérimenté et bien qu’il n’en soit plus légalement propriétaire, ça reste un de ses petits à vie.

Les éleveurs sont avant tout des passionnés, ils vivent rarement de l’élevage (à part les usines à chiots). Outre les coûts élevés liés à l’élevage (entretient des locaux, frais vétérinaires, alimentation…), la concurrence déloyale opérée par les marchands de chiens est une des raisons pour laquelle des élevages sérieux disparaissent régulièrement au profit de personne peu scrupuleuses et au détriment des futurs propriétaires.

Article I. Qu’est-ce que l’élevage canin ?

L’élevage canin est l’activité agricole de conduite de la reproduction de l’espèce Canis lupus familiaris (chien domestique) en vue de la production et de la commercialisation de chiots. L’élevage de chiens peut être pratiqué avec des chiens de race ou des chiens croisés s’apparentant à une race.

Un éleveur de chiens de race tend à ce que les chiens produits se rapprochent le plus possible du standard de la race qu’il élève. Il vise également à augmenter la qualité de sa production en faisant réaliser des contrôles vétérinaires sur ses reproducteurs.

En France, est considéré comme élevage canin, l’activité qui consiste à détenir une femelle reproductrice et donnant lieu à la vente d’au moins un chiot depuis janvier 2016.[1]

Section 1.01 Description

Les éleveurs de chiens inscrits à un livre généalogique et titulaires d’un affixe doivent respecter les consignes des associations nationales ou internationales qui édictent des standards[2] et des recommandations d’élevage[3].

(a)     DISPOSITIONS PARTICULIÈRES S.C.C.

L’éleveur désirant utiliser un affixe doit s’engager à respecter certaines dispositions :

  • Posséder déjà au moins un chien de la race.
  • Ne produire que des chiens de race inscrits au L.O.F. ou au Livre d’Attente
  • Soumettre au contrôle de la S.C.C. la totalité des chiens de son élevage
  • Respecter les recommandations d’élevage des Associations de race contenues dans la grille de sélection des races qu’il produit
  • Faire inscrire au Livre Généalogique la totalité des produits de son élevage et plus généralement à respecter l’ensemble des dispositions légales et réglementaires en vigueur notamment en matière de santé et de bien-être animal.

Toute fausse déclaration et/ou non-respect des engagements pris entraînera la convocation devant le Conseil de discipline, qui pourra interdire l’utilisation de tout affixe, sans préjudice d’autres sanctions telles que l’interdiction d’inscrire la production au LOF.

Les animaux produits peuvent avoir plusieurs destinations et peuvent être produits comme :

  • Chien de compagnie
    • pour l’agrément et la compagnie
    • pour le loisir sportif ou des sports canins : agility, canicross, canicyclocross, flyball, mondioring, obéissance, obérytmée, traîneau, pulka, poursuite sur leurre, racing, etc
  • Chien d’utilité
    • pour l’utilisation : recherche en décombres, travail à l’eau (sauvetage), recherche de stupéfiants, recherche de matières explosives, pistage, cavage, etc
    • pour le travail : attaque, défense, guerre, guide d’aveugle, assistance aux personnes dépendantes, etc
  • Chien reproducteur
    • pour la reproduction chez d’autres éleveurs

L’éleveur peut faire réaliser des examens cliniques et génétiques afin de s’assurer de la conformité de sa production en termes de garantie de la santé des chiots produits et pour éviter qu’une maladie génétique ou « tare » se propage parmi les sujets de la race.

Exemple : Les éleveurs, avant d’utiliser un étalon, s’assureront que des dépistages de maladies ont été faits :

  • Dysplasie des hanches et des coudes
  • Ataxie (SDCA1 et SDCA2)
  • Myélopathie Dégénérative (DM)

Ou de confort / sélection :

  • Gêne poil long (PL)
  • Dilution (pigmentation)
  • etc.

(b)     DISPOSITIONS PARTICULIÈRES DE LA F.C.I (Fédération Cynologique Internationale)

Outre les disposition particulières de la Société Centrale Canine, les éleveurs doivent se conformer au Règlement International d’élevage de la FCI ainsi qu’aux Stratégies internationales d’élevage de la FCI

Le non respect d’une de ces dispositions entraîne des sanctions pouvant aller du retrait de l’affixe à l’interdiction d’exercer l’activité d’élevage ou condamnations pour les cas de manquements les plus graves.

Section 1.02 En France : installation classée pour la protection de l’environnement

Selon la législation française, les élevages de chiens, à l’exclusion des établissements de soins et de toilettage et des rassemblements occasionnels tels que foires, expositions et démonstrations canines, sont des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). En effet, ce type d’installation est concerné par la rubrique no 2120 de la nomenclature des installations classées (« élevage, vente, transit etc. de chiens »)[4] :

Les installations ayant plus de 50 chiens âgés de plus de 4 mois sont soumises à autorisation préfectorale. Cette autorisation est délivrée sous la forme d’un arrêté préfectoral qui impose à l’exploitant le respect d’un certain nombre de prescriptions techniques, notamment celles de l’arrêté ministériel du 8 décembre 2006 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations renfermant des chiens soumises à autorisation[5].

Les installations ayant entre 10 et 50 chiens âgés de plus de 4 mois doivent être déclarées. Les exploitants de ces installations doivent respecter les prescriptions techniques de l’arrêté ministériel du 8 décembre 2006 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous la rubrique no 2120[6].

L’instruction des demandes d’autorisation d’exploiter ainsi que le contrôle du respect des prescriptions techniques par les exploitants sont réalisés par l’inspection des installations classées[7].

(a)   Équipements nécessaires

En ce qui concerne l’installation d’un chenil, la loi fixe les normes minimales :

  • De ventilation (renouvellement d’air de 10 mètres cubes par heure pour un chien de grande taille, de 2 mètres cubes par heure pour un chien de petite taille) ;
  • De chauffage (température supérieure à 15 °C l’hiver et absence de condensation) ;
  • De conservation des aliments ;
  • D’abreuvement (prévoir un système d’adduction d’eau potable protégé contre le gel) ;
  • De nettoyage, désinfection, désodorisation, désinsectisation et dératisation des chenils ;
  • D’isolation sonore et thermique.

L’hygiène du chenil est également réglementée par la loi, notamment en ce qui concerne l’obligation de disposer d’une infirmerie séparée interdite au public (ou, dans le cas contraire, de faire hospitaliser les animaux malades chez le vétérinaire).

(b)   Confort minimal

L’arrêté ministériel du 25 octobre 1982 précise quant à lui les conditions minimales de confort à respecter pour l’élevage, la garde et la détention des animaux domestiques[8]. Il s’applique à tous les détenteurs d’animaux de compagnie, le non-respect de ces exigences étant désormais assimilable à de mauvais traitements. Il rappelle notamment que tout propriétaire et, a fortiori, tout éleveur, est tenu de fournir à ses chiens alimentation, abreuvement et soins de santé compatibles avec leur bien-être et les impératifs biologiques de leur espèce.

Il précise les conditions d’hébergement :

  • Chaque chien doit disposer d’une surface minimale de 5 m2 et avoir accès à des zones ombragées ;
  • La clôture périmétrique doit être haute de plus de 2 m ; le sol sera fait de matériaux durs et présentera une pente d’évacuation s’il est imperméable ;
  • Les murs et cloisons seront recouverts de matériaux imperméables, durs, résistants aux chocs et à surface lisse sur une hauteur minimale de 2 m ;
  • L’aire de couchage doit être saine, sèche et sous abri pour les chiens détenus en plein air ;
  • La niche doit être étanche, protégée des vents, de la chaleur et du froid par des matériaux isolants, surélevée du sol et orientée vers le sud ;
  • L’entrée de la niche doit être constituée d’une surface imperméable d’au moins 2 m2 ou d’un caillebotis.

Les chenils détenant des animaux destinés aux laboratoires font l’objet d’une réglementation particulière et plus stricte concernant les systèmes de ventilation et de surveillance ainsi que le personnel et sa formation (arrêté ministériel du 1er février 2013 fixant les conditions d’agrément, d’aménagement et de fonctionnement des établissements utilisateurs, éleveurs ou fournisseurs d’animaux utilisés à des fins scientifiques et leurs contrôles)[9].

Article II. Qu’est-ce que le standard ?

Le standard d’une race est l’ensemble des détails de morphologie et de robe, et aussi de traits comportementaux (allure, tempérament), exprimés par les individus appartenant à une race animale déterminée. Le standard est le produit d’une convention entre les éleveurs d’une race donnée.

Section 2.01 Signification et origine de la notion de standard

La notion de standard est une notion de zootechnie, elle est directement attachée à l’animal domestique lequel doit s’entendre au sens large (animal d’élevage modifié par l’homme). Elle n’existe donc pas en zoologie où l’on se contente de la dénomination générale de « caractères » ou de celle de « phénotype » pour faire état des caractères exprimés par les individus appartenant à une espèce donnée ou à une sous-espèce, voire des variations rencontrées chez une « race géographique » qui est une notion parfois usitée en biologie.

(a)   Origine

L’existence d’un standard suppose l’existence préalable d’une organisation des éleveurs (club, association de race). S’agissant du Berger Belge en France, le CFCBB (Club Français du Chien de Berger Belge)

La notion de standard dérive directement de la création des races animales qui sont le cadre, l’objet et le produit de la sélection animale par les éleveurs concernés. Elle a été créée en Angleterre, au XVIIIe siècle, dans le contexte de la création des races améliorées. Elle découle en particulier de l’action pionnière de Robert Bakewell (en), considéré comme le « père de la zootechnie », dont l’activité d’éleveur a résidé principalement dans la création et la sélection d’une race ovine, le New Leicester, appelé Dishley en France.

Le standard, en tant que convention entre éleveurs au sein d’une association, est l’un des trois grands principes fondateurs d’une race améliorée, les deux autres sont le contrôle des origines avec le livre des origines ou livre généalogique, et le contrôle des aptitudes ou performances dont font partie les concours d’animaux incluant les concours de beauté pour les animaux de compagnie. Par ailleurs, ont dit « Champion de Conformité au Standard » car on ne juge pas seulement l’esthétique du Chien et pour être Champion de « beauté », le Berger Belge doit obligatoirement détenir un certificat de sociabilité (CSAU + TAN) ou CANT.

(b)   Standard de race et type racial

À l’instar des éleveurs anglais qui distinguent, notamment en élevage canin[10], le standard breed et le breed type (en), on doit faire la même distinction entre le standard racial et le type racial.

Si le standard livre, en théorie, une vision idéale et détaillée d’un animal dans une race donnée, le type racial fait référence aux caractères essentiels dont la présence associée suffit, pour un observateur, à fonder l’appartenance de l’animal à cette race ou à un rameau ethnique incluant cette race. Par exemple :

Un bovin, aux proportions médiolignes, de moyen à grand format, à robe pie rouge bringée (stries noires sur fond rouge), à tête camuse (dépression interorbitaire marquée), blanche avec une pigmentation irrégulière en lunettes autour des yeux : sujet de race normande.

Dans le standard on retrouvera en sus d’autres informations les indications détaillées précisant plus ou moins, selon l’importance qui leur est donnée, comment doivent s’exprimer ces caractères. Le standard peut livrer des mensurations corporelles, tandis qu’à la limite l’appréciation du type racial peut ne relever que de la connaissance professionnelle que peut en avoir un juge ou un éleveur.

Section 2.02 Nature des caractères relevant du standard

Il s’agit de caractères dont l’évaluation peut être réalisée, extemporanément, par l’observateur ou par un juge en exposition. Le standard d’une race rend compte principalement de caractères descriptifs ou qualitatifs : morphologie, couleur de la robe, allure, tempérament (vif, calme) etc. Il peut s’agir aussi de certains caractères quantitatifs mesurables extemporanément, sur un ring d’évaluation, comme la taille qui est mesurée généralement au garrot avec la toise.

L’évaluation du standard ne doit pas être confondue avec le contrôle des performances (contrôles laitiers, contrôles de croissance, performances en course ou en endurance, etc.) qui relèvent d’épreuves soumises à un protocole de contrôle qui leur est propre.

Section 2.03 Exploitation du standard

La conformité au standard est un critère d’évaluation d’un animal et, pour le moins, d’appartenance à la race considérée en sus de l’inscription au livre généalogique de la race qui peut être ouvert ou fermé. Une exception notable : le cheval Pur-sang anglais n’a pas de standard, seule compte l’inscription au Livre généalogique (stud-book), fermé, de la race.

(a)   Évaluation des animaux en fonction du standard de leur race

L’évaluation des animaux, par référence au standard, est réalisée dans des épreuves selon un protocole variable selon les espèces : épreuve de confirmation des chiens inscriptibles au L.O.F., concours de beauté canins, félins, d’oiseaux de volière etc., il est aussi utilisé dans les concours des différentes races bovines, ovines, caprines, porcines, d’oiseaux de volière, de lapins d’agrément, de rongeurs de compagnie, de poissons d’aquarium ou lors des « shows » équestres. Des juges notent les caractéristiques physiques et le comportement des animaux présentés en fonction du standard. Mieux l’animal exprime les caractères par rapport à l’idéal formulé dans le standard, mieux il est noté. Cette évaluation n’est pas exempte de subjectivité compte tenu de l’imprécision fréquente de nombreux standards. L’interprétation par le juge demeure, elle tient compte de son expérience autant que de sa vision de la race considérée.

(b)   Utilisation en sélection dans le cas des productions animales

L’évaluation du standard d’un animal est l’un des trois critères qui fondent l’appartenance de cet animal à la base de sélection de sa race, tel que cela est précisé dans les textes d’application de la Loi française du 28 décembre 1966 sur l’élevage pour les espèces bovine, ovine et caprine, les deux autres étant le contrôle des performances ou aptitudes, et le contrôle des filiations ou enregistrement généalogique[11]. À ce titre, l’évaluation du standard participe à l’accroissement zootechnique de certaines productions surtout si elles sont fortement corrélées avec la morphologie, ce qui est notamment le cas pour la production de viande : le rendement en carcasse (poids de carcasse /poids vif) et le rendement en viande nette (poids des morceaux commercialisés /poids de l’animal)[12] sont en effet fortement corrélés avec l’évaluation morphologique de l’animal sur pieds.

(c)    Limites d’une évaluation sur la base du standard

L’évaluation d’un animal sur la seule base du standard est possible lorsque cette évaluation porte exclusivement ou presque sur des caractères qualitatifs, descriptifs, comme c’est le cas pour des concours de beauté canins ou félins.

Pour des caractères quantitatifs en productions animales, comme la production laitière ou la croissance, la conformité à un standard type peut avoir peu d’importance, soit parce que celui-ci est insuffisamment précis pour juger du caractère à apprécier, soit parce que ce caractère ne peut être objectivement mesuré que par un contrôle approprié, étalé dans le temps (contrôles laitiers, contrôle de croissance). Dans ce cas, l’évaluation porte sur plusieurs contrôles successifs (pesées, analyses) au cours de la lactation ou de la croissance de l’animal. Le contrôle des performances est alors l’outil de contrôle phénotypique essentiel, voire exclusif, de la sélection animale. C’est notamment le cas pour les races bovines, ovines et caprines très spécialisées pour la production laitière ( comme la race bovine Prim’Holstein, la race ovine Lacaune et la race caprine Alpine) : l’indexation génétique dérivée du seul contrôle des performances de l’individu et de ses apparentés y est aujourd’hui le critère majeur de la sélection, c’est elle qui rend compte (avec les techniques d’alimentation) de l’accroissement spectaculaire des performances de ces races laitières au cours des 40 dernières années. De même chez les chevaux de sport (galop, trot, endurance) le contrôle des performances est l’outil de sélection prédominant à exclusif.

Section 2.04 Rédaction

Les standards sont rédigés par les associations qui gèrent les livres des origines, en commun accord avec les juges, les clubs de race, les éleveurs concernés et, dans le cas des chevaux, les Haras nationaux. Pour les chiens et les chats, chaque club de race peut avoir son propre standard et son échelle de points, les compétitions se déroulant de façon différente selon le club organisateur. En ce qui concerne les chevaux, le Stud-Book est national si la race est reconnue sur le sol français.

Ces standards ne sont pas figés car les races évoluent constamment. Ils peuvent être révisés lorsque l’on remarque une évolution significative dans un grand nombre de sujets de la race, comme pour les chats Siamois qui n’ont plus les mêmes caractéristiques qu’à l’origine.

Ils peuvent être également modifiés si l’on remarque que la race a tendance à devenir hypertypée et que cela entraine de la gêne ou des souffrances pour l’animal. Ainsi les animaux aux caractéristiques trop extrêmes peuvent être éliminés des compétitions, comme c’est le cas chez les chats Persans.

Exemple de conformité au standard :

Exemple de dérives :

Article III. Pourquoi le LOF est-il si important ?

Le LOF ou Livre des Origines Français, permet de tracer l’origine d’un chien, son pedigree (la généalogie). Seuls les chiens inscrits au LOF ont le privilège à l’appellation « chien de race ».

Bien que le pedigree certifie l’exactitude de ses origines, il ne se base que sur du déclaratif, et n’importe qui peut affirmer ou déclarer ce qu’il veut. Certains trafics ont été facilités par le remplacement du tatouage au profit des transpondeurs qui peuvent être remplacés. C’est la raison pour laquelle, seule une carte d’identité génétique reste la méthode la plus fiable pour identifier un individu.

Les chiots issus de deux parents LOF, sont inscrits au livre des origines au titre de la descendance, ils deviendront LOF à leur tour, une fois qu’ils auront été confirmés par un juge confirmateur.

Le LOF est un des outils à disposition des éleveurs dans les choix de mariage qu’ils font (compatibilité des sangs). Un des outils, car il ne suffit pas d’accoupler deux chiens LOF pour donner des chiens LOF et si certaines précautions ne sont pas prises, ils s’exposent à des nombreux problèmes. C’est ce qu’on appelle un plan d’élevage.

La confirmation est importante, car elle permet d’obtenir le LOF est donc d’utiliser un sujet si on veut produire des chiens de race. Il est attribué à tout chien qui est conforme au standard d’une race.

Pour plus d’informations sur le LOF, vous pouvez consulter le site http://www.chiens-online.com/presentation-lof.html

Article IV. OK, mais comment choisir l’éleveur ?

De nombreux points sont à prendre en considération.

  • Choisir d’accueillir un chiot à la maison c’est comme avoir des enfants ou un crédit, ça vous engage.
  • Dans le Chien de Berger Belge, et particulièrement dans le Malinois et le Tervueren, il existe 2 courants (lignées) :
    • Les chiens issus de lignées de Travail, essentiellement sélectionnés pour leurs aptitudes au… travail, parfois au détriment d’autre critères (standard). Ces chiens ne sont et ne doivent pas être mis dans les mains de néophytes. Les vidéos spectaculaires que vous voyez sur Internet sont le fruit d’années de travail et demandent de l’expérience. Ces chiens sont des bombes à retardement s’ils ne sont pas éduqués convenablement et finissent bien souvent en REFUGES ou EUTHANASIES. Le mordant par exemple, se pratique en club, sous certaines conditions et avec une LICENCE de mordant.
    • Les chiens issus de lignées de Conformité au Standard, essentiellement sélectionnés pour leur… conformité au standard. Ces chiens ont généralement un caractère plus « tempéré » et s’adaptent très facilement à la vie de famille tout en conservant leur aptitude au travail. En effet, le Chien de Berger Belge est un chien de Berger, il fait partie du 1er groupe au classement FCI. Par conséquent, il ne suffit pas que le chien soit esthétique pour être champion de conformité (beauté), il doit détenir au minimum CSAU (Certificat de Sociabilité et d’Aptitude au Travail) + TAN (Test d’Aptitude Naturelle) ou le CANT (Certificat d’Aptitude Naturelle au Troupeau) ou un carnet de Travail (Utilité ou Troupeau par exemple).
  • Lorsque vous cherchez un élevage, la distance ne doit pas être votre critère de sélection ! Les bons élevages sont rarement à 10 min. de voiture de chez soi…
  • Si vous consultez des petites annonces, vérifiez la régularité de celles-ci et faites des recherches sur Internet en combinant plusieurs mots clé avec le nom de l’élevage.
  • Nous l’avons vu, le Club de race (le CFCBB) est celui qui veille au standard de la race. Un éleveur (même modeste) est généralement membre de son club de race, au travers duquel, il se tient informé sur l’état du Cheptel.
  • Un éleveur est avant tout un passionné, il vit rarement de son activité. De manière générale, il faut éviter les éleveurs multi-races (15 voir plus…). On ne peut pas prétendre être passionné d’autant de chiens, c’est juste IMPOSSIBLE.
  • Posez un maximum de questions, et si vous avez la possibilité de visiter l’élevage, observez les lieux, la condition de détention des animaux, leur poil, leur caractère, si vous avez le moindre doute, FUYEZ ! (Les locaux d’élevage ne sont pas un supermarché, tous les éleveurs n’ouvrent pas les portes de leurs installations, et particulièrement de la nursery, pour des raisons évidentes de précautions sanitaires.)
  • Demandez à consulter le certificat de naissance, posez des questions sur l’alimentation et sur la santé.
  • Demandez à consulter le pedigree, à voir les parents. (Ne vous fiez pas seulement au résultats de travail d’un ou des deux parents, regardez le pedigree dans son intégralité, un ou deux champions ne donneront pas forcément naissance à des champions…)

Exemple de pedigree de dernière génération :

  • Cotation : caractères violets (résultats en exposition, les cotations vont de 1 à 6)
  • Identification génétique : caractères marron
  • Santé : caractères verts (par exemple, le résultat de dépistage la dysplasie est noté HD-A ou B)
  • Performances Travail : caractères bleus (résultats lors de concours de travail / utilisation)
  • Performances Exposition : caractères rouges (CACS : Certificat d’Aptitude à la Conformité au Standard; CACIB : Certificat d’Aptitude au Championnat International de Beauté etc.)

Notes et références

[1] Selon l’article L214-6 du Code Rural nouveau, alinéa III  » On entend par élevage de chiens ou de chats l’activité consistant à détenir au moins une femelle reproductrice dont au moins un chien ou un chat est cédé à titre onéreux. « , sur www.legifrance.fr

[2] Standard FCI du Chien de Berger Belge (Malinois, Leakenois, Groenendael, Tervueren), sur www.fci.be

[3] Règlements d’élevage canin de la FCI, sur www.fci.be

[4] « 2120. Élevage, vente, transit etc. de chiens », sur www.ineris.fr

[5] « Arrêté du 08/12/06 fixant les règles techniques auxquelles doivent satisfaire les installations renfermant des chiens soumises à autorisation », sur www.ineris.fr

[6] « Arrêté du 08/12/06 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous la rubrique no 2120 », sur www.ineris.fr

[7] « Missions », sur installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr

[8] « Arrêté du 25 octobre 1982 relatif à l’élevage, à la garde et à la détention des animaux », sur www.legifrance.gouv.fr

[9] « Arrêté du 1er février 2013 fixant les conditions d’agrément, d’aménagement et de fonctionnement des établissements utilisateurs, éleveurs ou fournisseurs d’animaux utilisés à des fins scientifiques et leurs contrôles », sur www.legifrance.gouv.fr

[10] Breed Type Transcription from a Seminar By Sue Rose 1993 ECSCA National Specialty Judges Study Group

[11] R. Jussiau, L. Montméas et A. Papet : Amélioration génétique des animaux d’élevage, bases scientifiques, sélection et croisements, 322 pp, Educagri Éditions, 2006 (ISBN 978-2-84444-479-0)

[12] J.L. Fraysse et A. Darré : Produire des viandes, volume 1, 374 pp, Tech & Doc Lavoisier Ed, Paris, 1990, (ISBN 2-85206-586-X) (volume1)

2017-12-20T10:28:01+00:00